Ministère de la Santé et de la Protection Sociale

le dialogue national sur le financement de la santé lancé par le premier ministre



discuter et définir les meilleures méthodes à adopter pour encourager et obtenir une augmentation du financement national de la santé au Togo
Le Premier Ministre togolais Komi Selom KLASSOU a lancé officiellement ce jeudi à Lomé le dialogue national sur le financement de la santé en présence du Dr Mark Dybul, directeur exécutif du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Ce dialogue implique  tous les acteurs du domaine de la santé  et doit permettre de discuter et définir les meilleures méthodes à adopter pour encourager et obtenir une augmentation  du financement national de la santé au Togo.

Investir dans la santé est essentiel pour réduire la pauvreté et encourager la croissance économique. Au cours de la dernière décennie, les progrès réalisés dans le domaine de la santé ont représenté 24% de l’augmentation totale des revenus des pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires. Les recherches prouvent qu’un investissement additionnel de 5 dollars US par personne et par an dans les 74 pays qui concentrent 95% de la mortalité maternelle et infantile dans le monde aurait un rendement extrêmement élevé, avec une multiplication par un facteur de cinq à neuf des bénéfices économiques et sociaux à l’horizon 2035, incluant une croissance du PIB due à l’augmentation de la productivité et du taux de participation au marché du travail, ainsi qu’à la hausse de l’épargne. Les réductions du taux de mortalité globale ont également un impact sur l’économie en général à travers l’amélioration de la santé sur la productivité, l’éducation, les investissements, l’accès aux ressources naturelles, et le ratio de travailleurs par dépendant.

Cependant, seule une minorité de pays ont atteint l’objectif d’Abuja d’allouer 15% des dépenses gouvernementales à la santé, et dans de nombreux cas les ressources extérieures constituent encore la majorité du financement des systèmes de santé. En plus, les bailleurs de fonds insistent de plus en plus souvent sur les financements de contrepartie et considèrent leurs investissements comme des catalyseurs destinés à accélérer et encourager les investissements nationaux. Il est par conséquent crucial que les pays augmentent leurs financements nationaux pour la santé afin d’assurer la pérennité des programmes. Dans ce but, le Fonds mondial offre avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates une assistance technique pour soutenir cinq pays prioritaires d’Afrique francophone dont le Togo et les assister à développer une stratégie de plaidoyer pour mobiliser plus de ressources domestiques, et améliorer l’efficience du financement de la santé par la mise en œuvre efficace du Plan National de Développent sanitaire (PNDS) 2016 – 2022 avec en ligne de mire l’élimination du VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme en Afrique à l'horizon 2030. Pour y parvenir, le gouvernement du Togo, le Fonds mondial et les partenaires techniques et financiers en santé ont souhaité organiser un dialogue national qui impliquerait,  tous les acteurs du domaine de la santé  et devrait permettre de discuter et définir les meilleures méthodes à adopter pour encourager et obtenir une augmentation  du financement national de la santé au Togo. Ce dialogue a été officiellement lancé par le premier ministre togolais Komi Selom KLASSOU en présence du docteur Mark Dibul, directeur exécutif du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Il s’agira plus spécifiquement d’identifier les mécanismes de financement domestiques pouvant faire l’objet d’une mise en œuvre, de mettre en place une plateforme pour la mobilisation du financement domestique, d’élaborer la feuille de route pour la mise en œuvre des mécanismes domestiques de financement  identifiés pour soutenir et augmenter le financement national.  
 
«  La République du Togo s’est engagée depuis de nombreuses années vers la Couverture Sanitaire Universelle (CSU), afin de garantir des soins médicaux de qualité à tous ces citoyens sans avoir à faire face à des dépenses de santé catastrophiques. Le schéma actuel qui se limite aux fonctionnaires et aux travailleurs de secteur privé laisse plus de la moitié de la population Togolaise vulnérable sans couverture adéquate. Aussi, la nécessité de mobiliser plus de ressources s’impose afin que la solidarité nationale s’exprime pour offrir un paquet de soins essentiels aux populations pauvres et/ou vulnérables. Il apparait dans le contexte socio-économique actuel que seule une subvention massive du mécanisme d’assurance maladie par le budget de l’état à travers la mobilisation de ressources additionnelles, permettra de fournir un paquet de soins essentiels à tous. Par conséquent, le partenariat publique-privé est un des mécanismes de financement domestiques qui permettent d’élargir l’espace budgétaire pour la santé ». A déclaré le premier ministre togolais Komi Selom KLASSOU à l’ouverture du dialogue.
 
Au cours des derniers mois, une analyse de la situation des financements existants a été réalisée dans les pays sélectionnés, en partenariat avec tous les acteurs du secteur de la santé. Cette analyse a aboutit sur la nécessité de l’organisation d’un dialogue national avec toutes les parties prenantes.
 
« Le Togo a déjà fait d’importants progrès en matière de financement national de la santé grâce au leadership et à l’engagement du gouvernement, et consacre 7,85% de son budget à ce secteur. L’Etat a augmenté sa participation au financement des programmes de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme à travers des budgets de fonctionnement directement alloués. Le pays fait aussi partie de l’initiative globale IHP+ ce qui lui a permis d’améliorer la mobilisation des ressources et la coopération avec les partenaires de développement.
 
Malgré ces efforts, de nombreux défis persistent encore, y compris l’importance des paiements directs de la santé par la population, les difficultés d’absorption des budgets externes et internes, les inégalités géographiques et la faiblesse de la couverture de la protection sociale ». A déclaré dr Lucile IMBUA, Représentante résidante de l’OMS au Togo.

Il est à noter que l’étude sur les mécanismes innovants de financement de la santé pour la couverture sanitaire universelle au Togo commanditée par le Ministère de la Santé, et conduite avec une assistance technique et financière du Programme de Partenariat UE-OMS pour  et la CSU, a permis de sélectionner cinq mécanismes de financement domestiques potentiellement intéressants: la taxe sur les billets d’avion, la taxe sur les transferts de fonds individuels internationaux, la taxe sur les compagnies minières, la taxe sur l’alcool, et la taxe sur la téléphonie mobile.
 
D’un avis général, les cinq mécanismes proposés ont un fort potentiel de levée de fonds, et leur faisabilité technique bien documentée ailleurs y compris en Afrique. Une augmentation des investissements via les mécanismes de financements existants ainsi que des mécanismes innovants est ainsi nécessaire pour relever les défis auxquels le Togo est confronté, garantir que les progrès accomplis à ce jour soient maintenus et l’accès à des traitements et des soins de qualité étendu. C’est pour cela que rassembler tous les acteurs du domaine de la santé et garantir un soutien politique au plus haut niveau est crucial.
Rappelons que du lance ment du dialogue national sur le financement de la santé, le docteur Mark Dybil et Youssouf Sawadogo ont été respectivement élevés au rang de commandeur de l’ordre national de mérite et officier de l’ordre national de mérite par le Premier Ministre Komi Selom KLASSOU au nom du Chef de l’Etat. Ceci en guise de reconnaissance aux actions de ces deux impétrants en faveur de la lutte contre le sida, tuberculose et le paludisme au Togo et aux relations excellentes qui existent entre le Togo et le Fonds Mondial.
 
 
Service de communication du MSPS