Ministère de la Santé et de la Protection Sociale

Présentation et chiffres clés



 Il s’agit pour les trois maladies prioritaires (paludisme, VIH/sida, tuberculose) d’assurer aux populations l’accès universel des interventions.
Afin de maintenir un état de préparation et une réponse rapide aux épidémies, les capacités nationales de surveillance épidémiologique et de la riposte seront renforcées à travers l’opérationnalisation du système de surveillance intégrée des maladies. La surveillance intégrée sera renforcée sur le plan institutionnel, méthodologique et logistique pour assurer notamment la prévention et la détection précoce des maladies à potentiel épidémique  (le choléra, les méningites cérébro-spinales, la dysenterie bacillaire, etc…), des maladies à éradiquer ou à éliminer, et les urgences de santé publique de portée internationale, qu’il s’agisse d’épidémies naturelles (comme les grippes ou les fièvres hémorragiques virales), accidentelles ou délibérées, d’accidents biochimiques ou radioactifs, conformément au Règlement Sanitaire International (RSI) 2005.
 
I- Lutte contre le paludisme:

Concernant la lutte contre le paludisme, les principales stratégies sont :
  1. le renforcement de la prévention à travers : (i) la promotion de l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) par toute la famille mais en priorité par le couple mère-enfant  afin de prévenir les naissances prématurées dues au paludisme et de réduire la mortalité des moins de 5 ans;  dans ce cadre, les efforts de distribution de masse visant la couverture universelle seront renforcés et mieux structurés; (ii) la lutte anti vectorielle intégrée comprenant la pulvérisation intra domiciliaire d’insecticides et l’assainissement du milieu en partenariat avec les différents ministères concernés (environnement, assainissement) et les collectivités locales ;
  2.     l’amélioration de la qualité de la prise en charge des cas de paludisme simple et de paludisme grave en se basant sur l’approche multisectorielle de « Roll Back Malaria » et grâce en particulier au renforcement continu des compétences des prestataires de santé publics et privés et à la disponibilité des médicaments essentiels dans le cadre des efforts du programme 5 (renforcement du système de santé et du système communautaire) visant une accessibilité universelle aux médicaments essentiels ;
  3. le développement de campagnes de mobilisation et de communication pour le changement de comportement avec l’implication de la communauté ;
  4. le renforcement de la surveillance épidémiologique, entomologique et de l’efficacité des antipaludiques.
Au Togo, le paludisme sévit de façon endémique dans les six (6) régions sanitaires et sa transmission dure toute l’année avec une recrudescence saisonnière (pendant les pluies).

Malgré la mise en œuvre des différentes stratégies de contrôle du paludisme notamment le traitement préventif intermittent, l’introduction des CTA, l’organisation des campagnes  de distribution de masse des MILDA pour l'accès universel, des semaines d’intensification et de mobilisation sociale, la gratuité de la prise en charge des cas de paludisme simple et la chimio prévention du paludisme saisonnier, il demeure la première cause de consultation et de décès dans les formations sanitaires.

Dans le cadre de la lutte contre le paludisme chez les enfants de moins de 5 ans, l’analyse des indicateurs  fait apparaître la situation suivante :
Malgré une tendance de couverture en MILDA relativement satisfaisante (le pourcentage des ménages avec au moins une MII ayant passé de 56,7% à 65% entre 2010 et 2014), l’utilisation effective, apprécié par le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant dormi sous MILDA la nuit dernière, a régressé passant de 57% en 2010 à 43% en 2014. L’analyse de l’utilisation des MILDA par région met en évidence de fortes disparité ; les régions de la centrale et de la Kara ayant enregistré les meilleurs taux d’utilisation, suivies des régions des savanes et plateaux (cf. graphique ci-dessous).
 

Source : MICS 2010, Revue de PEV et Enquête des indicateurs de paludisme, EDST 2013-2014
Figure 6 : Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant dormi sous MILDA la nuit précédant l’enquête selon les régions du Togo
                                                                                          
Par contre, la prise en charge du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans a connu une amélioration durant la période du PNDS aussi bien au niveau communautaire que dans les formations sanitaires ; Ainsi, le pourcentage de villages situés à plus de 5 km d’une formation sanitaire qui disposent d’un ASC formé sur les soins intégrés de prise en charge de la diarrhée, la pneumonie et le paludisme (PCMNE-C) est passé de 44,02% à 39,52% entre 2012 et 2014 pour une cible attendue de 90%. Le pourcentage d’enfants âgés de moins de 5 ans ayant eu le paludisme confirmé et traités avec CTA au niveau communautaire est passé de 9,5% à 38%. De même, le pourcentage des enfants de moins de 5 ans décédés du paludisme a régressé de 15,79% entre 2012 et 2015 avec une tendance à la baisse dans toutes les régions sauf dans Lomé Commune et Maritime. Enfin, la létalité due au paludisme chez les enfants de moins de 5 ans est passée de 5,3% en 2010 à 1,3% en 2014

 
II- Lutte contre le VIH:

En matière de lutte contre le VIH/Sida, les stratégies prioritaires suivantes seront mises en œuvre :
  1. le renforcement des capacités de prévention en renforçant l’information et la sensibilisation au profit des groupes vulnérables et des groupes à haut risque par l’accompagnement technique des secteurs public, privé et communautaire impliqués  afin d’amener les groupes cibles à se prémunir contre le VIH et les IST en utilisant le condom. D’autres actions de prévention visant la sécurité transfusionnelle et la sécurité en milieu de soins seront développées;
  2. la déconcentration de la dispensation des ARV aux PVVIH, par une augmentation des structures de prise en charge, un approvisionnement régulier du pays en ARV avec la prévision d’un stock de sécurité, en réactifs et matériels nécessaires, tout en renforçant les compétences du personnel de santé pour la prise en charge médicale et psychosociale et nutritionnelle correcte des PVVIH y compris les enfants;
  3. la gratuité des ARV pour les PVVIH en particulier les mères et les enfants y compris les malades co-infectés TB-VIH ;
  4. la mise à l’échelle de la PTME de façon intégrée avec les autres interventions à haut impact sur la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infanto juvénile ;
  5. l’organisation de la prise en charge des orphelins du sida et des nouveau-nés séronégatifs de mères séropositives sur le plan nutritionnel avec le concours de la société civile et du ministère de l’action sociale ;
  6. la promotion du dépistage volontaire au sein de la population ;
  7. le développement des activités de suivi-évaluation et de la recherche.
 
En matière de prise en charge médicale des femmes séropositives et de leurs enfants par les ARV, la mise en œuvre des interventions de la prévention de la transmission mère enfant de 2012 à 2015 a connue des progrès sensibles en termes d’offre et d’utilisation des services de même qu’au niveau des stratégies de mise en œuvre. Le nombre de sites PTME est passé de 411 à 596 de 2012 à 2013. La couverture géographique est passée de 52,2% en 2010 à 80% en 2015 pour une cible attendue de 80,5% en 2015.
Le graphique ci-dessous montre l’évolution du taux de femmes enceintes séropositives ayant reçu les ARV pour réduire la TME du VIH. On constate une amélioration continue de la prise en charge des femmes enceintes séropositives entre 2012 et 2015 avec un dépassement des objectifs cibles.
Figure 7: Tendances du taux de femmes enceintes séropositives ayant reçu les ARV pour réduire la TME du VIH
 

III- Lutte contre la Tuberculose:

Dans le domaine de la lutte contre la tuberculose, et pour inverser la tendance de l’évolution de la tuberculose (réduction de la morbidité et de la mortalité), les stratégies prioritaires porteront sur :
  1. l’appui technique rapproché aux districts dans la mise en œuvre de la stratégie DOTS de qualité ; 
  2. l’amélioration du dépistage des personnes souffrant de la tuberculose y compris les enfants ;
  3. le renforcement du réseau de laboratoire,  la surveillance et la prise en charge des cas de Tuberculose multi résistante (MDR) ;
  4. le renforcement de la capacité managériale du programme, notamment du suivi évaluation des activités nécessaires à l’amélioration des indicateurs d’appréciation de la performance thérapeutique;
  5. l’amélioration des activités de lutte contre la coïnfection TB-VIH grâce à une meilleure collaboration entre le programme de lutte contre le VIH/Sida et celui de la lutte contre la tuberculose.
 
Depuis 1992, date de sa création le Programme National de Lutte contre la Tuberculose (PNLT) coordonne les activités de lutte contre la tuberculose au Togo.
Grâce à l’engagement du gouvernement togolais et la mobilisation des partenaires nationaux et internationaux, la lutte contre la tuberculose  connaît des succès depuis 2003. Le taux dépistage est passé de  58% en 2005 à 63% en 2013 correspondant à 2650 malades dépistés. Le taux de succès thérapeutique est passé de 60% pour la cohorte  2003 à 86% pour la cohorte 2012, le taux de décès a chuté de 13% à 5% et le taux de malades perdus de vue de 19% à 5% au cours de la même période. 97% des malades TB toutes formes confondues ont bénéficié d’un dépistage au VIH  en 2013  contre 17% en 2008.
Les patients coinfectés représentent  20%  de l’ensemble des patients tuberculeux,  90% de ces patients coinfectés ont été mis sous ARV et 98% ont bénéficié de la prophylaxie sous Cotrimoxazole.
Le PNLT dispose d’un Laboratoire National de Référence (LNR),  d’un réseau  de 59 laboratoires de bacilloscopie publics et confessionnels  et de 52 Centres de Détection et de Traitement (CDT) répartis sur toute l’étendue du territoire.
En dépit de ces résultats, la lutte contre la tuberculose connaît des points forts et des faiblesses qui méritent d’être corrigées.
 
Document de référence : PNS, PNDS 2012-2015, Rapport annuel PNLS, PNLP, PNLT 2013, Enquête MICS4, Rapport préliminaire EDST201