Ministère de la Santé et de la Protection Sociale

Présentation et chiffres clés



1-       Maladies non transmissibles 
Au Togo, le contrôle et la maitrise des maladies non transmissibles (MNT) est coordonné par le programme national de lutte contre les maladies non transmissibles (PNLMNT) qui regroupe des points focaux des différentes pathologies visées par le programme (hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires chroniques, diabète, cécité, drépanocytose, santé mentale, neuroscience, handicap, maladies rénales chroniques, tabagisme, …). Ce programme a été créé en pour coordonner la mise en œuvre des politiques et stratégies et actions menant au contrôle des maladies chroniques dites émergeantes pour la plupart.
L’’enquête STEPS 2010[1] réalisé par le Togo  a révélé une sous-information de la population en la matière, un accès au diagnostic de base des MNT  faible  pour la population togolaise (8 % de la population). Selon la même enquête, sur 90 000 diabétiques seuls 10 000 sont diagnostiqués dont 30 % (3000) mis sous traitement et irrégulièrement suivi. De même pour l’HTA sur les 700 000 hypertendus 48 % sont diagnostiqués dont 23 % mis sous traitement et 1 % régulièrement suivi. A ce jour, sur les 40 districts sanitaires que compte le TOGO, seuls trois districts (Golfe et Lacs et Zio) ont bénéficié d’un renforcement de capacités pour la prise en charge intégrée du diabète et de l’hypertension artérielle (WHOPEN) et d’une dotation équipements de diagnostic de base).

2-        Charge de morbidité (Impact) 
Les maladies non transmissibles constituent un nouveau défi pour notre politique de santé. Les résultats de l’enquête STEPS réalisée en 2010 son assez édifiants et ont montré que les MNT existent dans notre pays. Leurs prévalence vont de 2% à 20% et sont inégalement réparties selon qu’on se trouve en zone rurale ou urbaine. L’insuffisance d’accès au diagnostic et aux soins de base des MNT expliquerait l’aggravation de la situation sanitaire relative aux MNT dans notre pays (779 décès pour 100 000 habitants) faisant de ces dernière la première cause de décès dans notre pays devant les MT (635 décès pour 100 000 habitants) statistiques sanitaires mondiales OMS 2013).

[1] STEPS : 

3-       Prévention et lutte contre le Cancer 
La lutte contre le cancer constitue un véritable enjeu de santé publique et de développement au Togo. Sur le plan épidémiologique, le Togo ne dispose pas de registres populationnels de cancers. Toutefois, Il existe des statistiques hospitalières sur la prévalence des cancers, mais vu que le Laboratoire d’Anatomie Pathologie du CHU Sylvanus Olympio de Lomé soit le seul établissement de diagnostic, plusieurs cas échappent au registre hospitalier. Les hémopathies malignes sont répertoriées à deux endroits différents. En effet, les tumeurs solides sont recensées au laboratoire d’anatomie pathologique tandis que les hémopathies liquides sont diagnostiquées au niveau des services d’hématologie. Ces deux structures ne disposent que des outils de diagnostic de routine. La recherche de marqueurs cellulaires ne sont pas faits localement et pour la certitude diagnostique, les prélèvements sont envoyés dans les laboratoires à l’étranger par des accords privés entre spécialistes du nord et du sud. Les statistiques issues du registre hospitalier en matière de cancer au Togo se présentent comme suit :
- Femme : Sein (27,1%), Col de l’utérus (11,2%), peau (10%), lymphome (7%), ORL (7%)
- Homme : Peau (15,4), Prostate (12,9%), estomac 10%, ORL (9%)), Lymphome (9%)
- Enfant : Lymphome de Burkitt (27,9%) ; Rétinoblastome (8,5%) ; Rhabdomyosarcome (4,8%) ; Nephroblastome (4,7%) ; Sarcome de Kaposi (3%).
 
Au regard des coûts liés au diagnostic et à la prise en charge des cas de cancers, qui sont très élevés, et non disponibles, à l’absence d’une unité spécialisée de prise en charge sur le cancer, à l’absence de ressources humaines adéquates, les défis restent encore énormes.

4-        Prévention et lutte contre les Maladies Cardio-vasculaires:
Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont toutes les pathologies qui touchent le cœur et les vaisseaux. Elles sont dominées par l’hypertension artérielle (HTA), les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les cardiopathies ischémiques. L’incidence des MCV n’est pas connue. Cependant, des enquêtes nationales ont révélé que la prévalence de l’HTA était en légère diminution. Si en 1990 elle était de 22%, elle a été estimée en 2010 à 19% (Enquête STEPS). La prévention des MCV repose essentiellement sur la sensibilisation et le dépistage ; en témoigne l’instauration depuis l’année 2011 de journées nationales de dépistage gratuit de l’HTA. La prise en charge des MCV est assurée par un nombre très restreint de spécialistes. Enfin, l’on ne dispose pas sur place de cycle de formation spécialisée en cardiologie. En termes de disponibilité en médicaments, la plupart des molécules sont retrouvées sur le marché national mais leurs coûts élevés rendent leur accessibilité financière difficile et certaines molécules d’urgence cardiovasculaire.

5-        Prévention et lutte contre les maladies respiratoires chroniques:
Les maladies respiratoires chroniques constituent un réel problème de santé publique. Au Togo, plusieurs enquêtes réalisées en milieu scolaire apportent la preuve de la fréquence des maladies allergiques respiratoires, parfois sous-estimées voir ignorées. L’asthme allergique est l’allergie respiratoire la plus fréquente.
 L’asthme du nourrisson n’est pas une vue de l’esprit en pédiatrie puisqu’il est bien documenté chez des nourrissons de 3mois à 1 an au cours des consultations d’allergologie . Son diagnostic et son traitement sont souvent faits avec retard du fait de la non spécificité de ses manifestations cliniques et surtout du fait de manque de ressources humaines (pneumo-pédiatres). Si l’asthme est souvent associé à la rhinite allergique dans 76% des cas celle-ci constitue 7% environ des consultations pédiatriques générale et 54% des consultations d’allergologie. Les enfants de 7 à 9 ans (44%) et de sexe masculin (64%) sont les plus concernés. La prise en charge de l’asthme et des autres allergies respiratoires passe par une bonne information du personnel médical, une bonne sensibilisation des malades allergiques et de leurs familles et la formation adéquate du personnel médical, des pneumo-pédiatres et des allergologues.

6-       Lutte contre le Diabète sucré:
Maladie métabolique caractérisée par une carence absolue ou relative de la sécrétion de l’insuline, le diabète est en pleine expansion au Togo du fait du changement de mode de vie de la population. L’enquête STEPS, réalisée en 2010, qui établit la prévalence nationale de la maladie à 2,6%. Dans la région sanitaire de Lomé commune, le taux de prévalence est passé de 1,79% en 1998 à 1,9% en 2010 avec un pic de 2,6% en 2006. Toutefois les mesures de prévention primaire initiées jusque-là ne touchent qu’une infime portion de la population togolaise. En effet, l’enquête STEPS de 2010 révèle que plus de 90% des togolais n’ont jamais réalisé un test de glycémie. Par ailleurs, la prise en charge du diabète souffre d’une carence sévère en spécialiste du domaine (3 diabétologues et 1 endocrinologue tous installés dans la capitale). De même, le diabétique togolais souffre d’un manque de spécialiste dans la prise en charge des complications. Par ailleurs, on note un déficit en infrastructures adaptées à la prise en charge de la pathologie.

7-       Santé bucco-dentaire et le noma
  • Le Noma
Le Noma, mal connu de la population et du personnel de santé, est sous notifié. Il est actuellement difficile de déterminer l’ampleur du Noma au Togo à cause de la mortalité très élevée qui lui est associée et des difficultés de diagnostic précoce liées aux tabous sociaux qui amènent les familles à avoir plutôt recours aux tradithérapeutes pour leur prise en charge. Cependant il ne semble  épargner aucune région. Les régions les plus touchées sont les régions Centrale, Kara et Savanes.
  • Les autres affections bucco-dentaires
Les seules études disponibles ont été réalisées en 1998 chez des élèves de 5 à 12 ans et elles montrent que 34 pour cent de ces enfants souffrent d’affections bucco-dentaires. Mais le profil épidémiologique des Régions Sanitaires révèlent que ces affections se situent parmi les dix premières causes de consultation et ce taux s’aggrave avec l’apparition des maladies bucco-dentaires opportunistes liées au VIH Sida. L’absence d’enquêtes épidémiologiques et d’un système de collecte des affections bucco-dentaires ne permettent pas de déterminer l’ampleur réelle des affections bucco-dentaires. Depuis 1999, le Togo, s’inspirant de la stratégie régionale de l’OMS a élaboré un plan stratégique et un programme national de santé bucco-dentaire qui n’a pas encore vraiment connu un début d’exécution. Des infrastructures de prise en charge des affections bucco dentaires existent au Togo. Mais, malheureusement l’équipement dans la plupart de ces services est en panne à cause de l’absence d’un budget pour le renouvellement et la maintenance. En ce qui concerne le personnel, le pays compte 35chirurgiens-dentistes (soit 0,64dentiste pour 100.000 habitants).

8-        Prévention et lutte contre les affections à hématies falciformes et autres troubles génétiques
  • Drépanocytose
Sur le plan épidémiologique et selon les données d’enquêtes hospitalières effectuées à Lomé, la prévalence du gène S est de 16,1%, avec la forme homozygote SS de 1,3% et la forme double hétérozygote SC de 2,6%. Sur le plan de la prévention de la drépanocytose au Togo, des campagnes de sensibilisation et des campagnes de dépistage à moindre coût, ciblées sur la population générale, ont été organisées au cours de la célébration de la Journée Africaine de la Drépanocytose chaque 10 Mai depuis 1996 et de la Journée Internationale de la Drépanocytose chaque 19 Juin depuis 2009. Des informations sont également données aux couples demandeurs AS sur le risque de la drépanocytose. En outre, la sensibilisation des femmes enceintes à pratiquer l’électrophorèse de l’hémoglobine au cours de la consultation prénatale en vue d’un dépistage néonatal et l’organisation des campagnes de sensibilisation sur la drépanocytose dans les écoles primaires et secondaires se font. La prise en charge des cas est assurée aussi bien dans le secteur public que privé. Il s’agit entre autre des deux CHU de Lomé (le Service de Pédiatrie du CHU Sylvanus Olympio et le Service d’Hématologie du CHU Campus) assurent le suivi régulier de plus de 2000 patients drépanocytaires en consultation externe par an. Les ressources humaines sont insuffisantes et non adaptées en la matière. Pour ce qui concerne les ressources matérielles, il existe au niveau central, un laboratoire de référence pour le diagnostic des anomalies de l’hémoglobine à la Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie (FMMP). Le CHU Sylvanus Olympio, le CHU CAMPUS, le CHU Kara et l'INH (Institut National d'Hygiène) disposent de chaînes d'électrophorèse à pH alcalin. Au niveau intermédiaire et périphérique, tous les CHR du pays et les CHP d'Aného et de Kpalimé disposent de matériels de diagnostic. Les structures confessionnelles suivantes disposent également de matériels de diagnostic. On note une disponibilité des médicaments utilisés pour la prise en charge en dehors  de certains produits pouvant être utilisés en cas de complications ne sont pas disponibles (hydroxyurée…), mais certains de ces médicaments restent encore inaccessibles.
  • Prévention et lutte contre les autres maladies génétiques 
En dehors de la drépanocytose et des maladies congénitales, le Togo est confronté à une maladie génétique qui sévit sous forme d’isolat dans les plateaux de Danyi. Il s’agit de la dysplasie ectodermique anhydrotique autosomique récessive. La dysplasie ectodermique anhydrotique est une génodermatose qui se caractérise par 3 signes principaux :
- Absence de pores cutanés entrainant une absence de transpiration (anhydrose)
- Hypotrichose : absence de cheveux
- Hypodontie ou anodontie : absence de dents).

9-       Santé mentale
Les troubles mentaux, neurologiques et liés à l’utilisation de substances psycho actives non traités représentent 13 % de la charge de morbidité mondiale totale. Les troubles dépressifs unipolaires occupent la troisième place parmi les causes de morbidité, étant à l’origine de 4,3 % de la charge mondiale de morbidité, et les estimations concernant les pays à revenu faible ou intermédiaire sont respectivement de 3,2 % et 5,1 %. Il ressort des prévisions actuelles que, d’ici 2030, la dépression viendra en tête des causes de morbidité dans le monde. Lorsqu’on ne tient compte que de l’élément incapacité pour calculer la charge de morbidité, les troubles mentaux représentent 25,3 % et 33,5 % des années vécues avec une incapacité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire respectivement. 

10-       Violence et traumatismes
Les traumatismes sont surtout dus aux accidents de la voie publique. En effet, sources d’invalidé et de pertes en vies humaines, les accidents de la voie publique constituent de nos jours un réel problème de santé publique au Togo. Une étude comparative des accidents de la circulation montre que le nombre d’accidents, de morts par accidents et de blessés par accidents ne font qu’augmenter d’année en année. En effet, en 2010, 3101 cas d’accidents accompagnés de 470 morts et 6241 blessés. La situation est tout autant alarmante compte tenu du nombre sans cesse croissant du parc des engins à deux roues et leur forte implication dans les accidents de la route. Selon le rapport du Ministère de la Sécurité, en 2010, les engins à deux (02) roues sont à elles seules impliquées à hauteur de 1296 cas, soit environ 42% du nombre total des accidents. Ces cas ont causé 150 décès sur un total de 470, soit environ 32% du nombre total des décès.. L’adoption et mise en application du nouveau de la route constitue un grand atout en vue de faire reculer cette incidence  de traumatismes.
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11-       Maladies de l'Œil 
Le Programme National de Lutte contre la Cécité a été créé en 1988 dont le but majeur est de lutter contre les maladies cécitantes. Jusqu’à la fin des années 1990, le Togo ne disposait d’aucun plan stratégique. L’initiative globale de l’International Agency for the Prevention of the Blindness (IAPB)-WHO « Vision 2020 » en 2003 a permis au Togo d’élaborer son premier plan stratégique national « Vision 2020 ». Mais il n’avait pas été mis en œuvre et sa révision recommandée en 2008 par l’OOAS est en cours. Le Togo ne dispose  pas de beaucoup de professionnels dans la prise en charge globale des maladies de l’œil. Les CHU et CHR disposent chacun d’une unité d’Ophtalmologie mais sur les 40 Districts Sanitaires du Togo, seuls 8 ont une unité d’Ophtalmologie. . Toutefois, il est important de noter la mise en oeuvre depuis 2003 d’un vaste programme de lutte contre la cécité dans la Région Sanitaire Centrale et District Sanitaire de Bassar par la « Croix Rouge Suisse ». Ce projet dénommé « Action pour la Santé et la Vue » a permis un renforcement en ressources humaines et matérielles ainsi qu’en infrastructure de nombreuses activités de santé oculaire y sont réalisées chaque année.


12-       Incapacité et réhabilitation
Au Togo, la prévalence et l’incidence des handicaps ne sont pas maîtrisées. Le recensement général de la population et de l'habitat de 1981 a dénombré 44 476 personnes handicapées dont 7771 résidant en zones urbaines et 36 705 en milieu rural. Ces populations handicapées seraient pour 57,8% de sexe masculin et 42,2% de sexe féminin et représenteraient 2% de la population totale du Togo. Aujourd’hui, ces chiffres sont en deçà de la réalité et connaissent une nette progression du fait du vieillissement des populations, de l'augmentation du parc automobile, des troubles sociopolitiques, des violences, l’insécurité grandissante, des maladies chroniques (cancer, HTA, diabète, trisomies …) et de la faible couverture des besoins de la population en matière de soins et de services de santé primaires. Une large frange de la population des personnes handicapées vit dans des conditions socio-économiques précaires.
Concernant la prise en charge, les actions en matière de réadaptation sont coordonnées par le Programme des Incapacités et Traumatismes : Prévention et Réadaptation (PITR). Au nombre des actions menées dans le domaine du handicap, on peut citer : l’identification, la prévention, la
prise en charge, l’insertion socioprofessionnelle, l’éducation inclusive et l’épanouissement socioculturel des personnes handicapées. Il y a eu également l’adoption de la politique nationale de réadaptation en 1997, révisée en décembre 2005, l’adoption de la Loi de Protection sociale des personnes handicapées en 2004, la ratification par le Togo de la Convention Internationale relative aux Droits des Personnes Handicapées en 2011 et la création de la Direction des Personnes Handicapées (DPH) au sein du Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale. Les partenaires techniques et financiers intervenant dans la prise en charge des personnes handicapées au Togo : OMS, FETAPH, Handicap International, CBM, FSH du CICR, Fondation Liliane, Plan Togo.

13-        Etat de la surveillance
La surveillance des MNT reste obsolète car les mécanismes de surveillance, de suivi et évaluation sont pratiquement inexistants. Les données existantes ne sont qu’hospitalières et il n’existe pas de registre pour ces pathologies et de système de surveillance sentinelle.
 
 
Documents de référence
 
Politique et Plan Stratégique Intégrée des Maladies non transmissibles;
Rapport enquête STEPS 2010 Togo;
Rapport d’activité MNT 2013;
SARA 2012;
QUIBB 2011;
SMART 2010.
Capacité national pour la gestion des MNT 2010 (document OMS)
les statistiques sanitaires mondiales 2012
le GLOBOCAN 2008